Je comprends ce que peuvent vivre ces femmes maltraitées

Comme beaucoup de personnes j’ai vu et ai été bouleversée par ce téléfilm, l’emprise, diffusé lundi dernier sur la Une. Cette histoire vraie, comme des milliers d’autres non médiatisées, qui se passent près de chez nous, sans que l’on sache ou que l’on ne veuille voir.emprise 1Avant de parler de mon vécu je voudrais préciser que contrairement à ce que l’on peut penser, ces femmes hommes aussi ça doit arriver, même si c’est plus rare ne sont pas bêtes, sans caractère. Bien au contraire. Mais ces hommes, pervers savent petit à petit les isoler de leur entourage, détruire leur confiance en elles. Ils jouent sur la sensibilité, l’empathie de leur proie.

Je vous recommande vivement ce reportage « dans les yeux d’Olivier sur l’emprise d’un pervers narcissique » qui vous éclairera (définition du profil des victimes à partir d’1h10min).

À l’âge de l’adolescence j’ai été bénévole dans un foyer d’hébergement où j’ai rencontré des jeunes femmes, des jeunes mamans qui fuyaient un mari violent. C’est une école de la vie.

Et puis j’ai un peu grandi. Et un jour j’ai du faire face moi aussi à la violence. Une minuscule goutte d’eau de ce qu’elles ont vécu. J’ai repensé à elles, je savais l’engrenage. J’ai eu peur. De plein de choses. Du regard des autres, de la suite, des conséquences…

Je n’ai rien dit à mon entourage. Je savais ce qu’ils me diraient, à juste titre. C’était à moi d’agir, de prendre ma décision. Je comprends très bien ces femmes qui savent cacher ce qu’il se passe sauf si c’est physiquement impossible. Je sais très bien que l’on peut tout à fait ne rien laisser paraître et qu’il vous sera quasiment impossible de savoir d’où la culpabilité souvent inutile de l’entourage ensuite. Ça ne s’applique pas au voisinage qui fait la sourde oreille…emprise 2J’en ai ensuite parlé à demi mot à une amie, mais plus tard et sans rentrer dans les détails. 

Me concernant j’ai décidé que la 1ère fois était une erreur, la 2e c’était de trop. Je suis partie sans rien dire et suis allée déposer une main courante. J’ai bien entendu ce que m’a dit la femme pour porter plainte mais je n’étais pas prête. Et puis ça s’est arrêté avec cette personne et toutes ces années après je n’ai pas oublié. Je n’oublierai jamais…

Je comprends ces femmes, je comprends que l’on puisse espérer que ça change, même s’il faut avoir conscience que ça ne sera jamais le cas.emprise 3J’ai grandi depuis, je suis maintenant une femme et une maman de deux enfants et je sais maintenant que jamais je ne laisserai mes enfants vivre ça.

Malgré le temps qui a passé, je ne veux toujours pas en parler à mon entourage. J’admire le courage de cette Alexandra Lange qui a vécu le pire et a osé témoigner au grand jour…

Et vous, vous connaissez quelqu’un qui subit ces violences? Un témoignage? Votre avis?

Pour aller plus loin, l’autre reportage de « dans les yeux d’Olivier sur la violence conjugale » oui je suis fan 😉

Et la page Facebook de L’association AJC de lutte contre la violence morale intrafamiliale.

Stéphanie – plus tout à fait la même…

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8 réflexions au sujet de « Je comprends ce que peuvent vivre ces femmes maltraitées »

  1. J’ai vu ce film est j’étais choqué ecoeuré par la violence de cet homme , sa donner envie de pleurer et de l’aider , tu as réagis au bon moment et fait le bon choix pour moi une fois c’est déja trop .. Aujourd’hui malgrés que tu n’oubliras pas tu as une vie merveilleuse et je te souhaite encore plein de bonheur 🙂

  2. Je n’ai pas vu ce film, mais ton témoignage m’a beaucoup touché.
    Car celà nous montre que personne n’est à l’abri, même une personne comme toi qui avait été en contact avec de la violence.
    C’est important d’en parler pour enlever cette culpabilité qui ne devrait pas exister

  3. J’ai connu l’enfer de la violence conjugale avec mon ex mari. C’était un pervers narcissique, j’étais jeune et naïve. Je suis restée 13 ans avec lui. Il a commencé à m’isoler socialement, je suis tombée enceinte très vite, je n’avais pas le droit de passer le permis ( il était moniteur d’auto école). Ma deuxième est arrivée 20 mois après l’aîné. Puis il a commencé à me rabaisser, m’humilier. Je n’avais pas le droit d’avoir la cb ou le chéquier du compte joint. Quand la troisième est arrivée il me trompait ouvertement. J’ai passé enfin le permis, pour me rendre plus dépendante, il nous a fait déménager dans un village isolé à 80 km de ma famille, et les violences physiques ont commencé, je n’en parlais à personne. Un jour je me suis confiée à une amie, j’ai eu un déclic après l’affaire Trintignant. J’ai repris mes études, pendant 3 ans j’ai tout subi sans broncher, quand j’ai obtenu mon diplôme je suis allée voir une assistante sociale et une avocate, j’ai entamé une procédure de divorce sans lui en parler, j’ai trouvé un logement. Quelques mois plus tard j’étais enfin libre, je lui ai tout laissé, la maison, le compte bancaire dont je m’étais désolidarisée, ses dettes, tout ce que je voulais c’était mes enfants. Malgré tout il a eu un droit de visite mais il est venu les chercher très peu souvent, il ne le svoit plus depuis 2009, ne paie plus la pension alimentaire et est déchu de ses droits. J’ai refait ma vie il y a 8 ans, nous avons une petite fille de 6 ans. Même si mon mari est tout le contraire de mon ex, il a été très dur de refaire confiance et je suis encore parfois sur la défensive, mais aujourd’hui je peux dire que je suis enfin heureuse.J’ai vu le film, ça a été très dur pour moi de le voir, mais c’est vrai, il ne faut pas juger ces femmes qui restent, c’est dur de partir quand on est sous emprise, et la justice, ainsi que les voisins qui savent ne bougent pas beaucoup.

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